Site et monument

Citadelle de La Mothe-en-Bassigny

Soulaucourt-sur-Mouzon (52150), Haute-Marne

Ancienne citadelle lorraine rasée sur ordre de Mazarin après le siège de 1644 et 1645, La Mothe n'est plus qu'une colline boisée parsemée de vestiges. On y voit encore une porte souterraine, le chevet de la collégiale et la porte principale.

En savoir plus sur Wikipédia ↗

La citadelle de La Mothe-en-Bassigny, dans l'est de la Haute-Marne, est une ville fortifiée qui n'existe plus. Place forte du duché de Lorraine, elle a été détruite en 1645 sur ordre de Mazarin, après un siège qui a marqué toute la région. Aujourd'hui, il ne reste qu'une colline couverte de forêt, où l'on marche entre des bastions, des portes et des pans de muraille. Pour la visiter, il faut surtout aimer les lieux qui se lisent avec un peu d'imagination : comptez une bonne demi-journée si vous voulez parcourir le site en entier et comprendre ce qu'il y avait ici.

Une ville neuve devenue forteresse de Lorraine

Une fondation au XIIIe siècle

La Mothe est fondée en 1258 par Thiébaut II, comte de Bar, sous la forme d'une ville neuve installée sur une colline isolée, à environ cinq cents mètres d'altitude. Le lieu domine la vallée du Mouzon et les hauteurs du Bassigny. La ville devient le siège d'une sénéchaussée qui regroupe vingt-neuf villages, ce qui en fait un centre administratif autant qu'un point d'appui militaire.

Une enceinte bastionnée au XVIe siècle

Au XVIe siècle, les anciennes fortifications médiévales sont englobées dans une enceinte à bastions, c'est-à-dire un système moderne de remparts adaptés à l'artillerie. Cette enceinte est doublée au début du XVIIe siècle. Plusieurs sources la présentent comme la seconde place forte de Lorraine après Nancy. Pour les rois de France, une forteresse lorraine posée si près de leur frontière représentait une menace constante.

Les sièges de la guerre de Trente Ans

Le conflit s'enchaîne au XVIIe siècle. Le duc Charles IV de Lorraine prend parti contre la France, et La Mothe est la dernière de ses places à résister. Elle tombe une première fois à l'été 1634, après un siège de plusieurs mois. Le duc la reprend ensuite, puis elle subit de nouveaux assauts en 1642, entre 1642 et 1643, puis un dernier siège qui commence en décembre 1644 sous l'autorité de Mazarin.

1645 : la reddition et la destruction

Après plusieurs mois de bombardements, de froid et de disette, la garnison capitule au début de juillet 1645. Les termes de la capitulation n'empêchent pas la suite : la ville entière est détruite sur ordre de Mazarin, remparts comme maisons et collégiale, et les habitants sont chassés. Depuis cette date, le site n'a plus jamais été habité.

Une blessure dans la mémoire lorraine

La chute de La Mothe a pesé sur la Lorraine, dont les ducs dépendront ensuite beaucoup du royaume de France, jusqu'au rattachement officiel de 1766. L'épisode est resté un souvenir douloureux, et la forteresse détruite est devenue un symbole. Lors de la création des départements, la limite de la Haute-Marne a été dessinée de façon à englober le site. Un monument commémoratif a été élevé sur place à la fin du XIXe siècle.

Ce que l'on voit sur place

Une colline à parcourir à pied

Le site s'étend sur les communes de Soulaucourt-sur-Mouzon et d'Outremécourt. On y accède par une route qui part du centre de Soulaucourt et monte jusqu'à la colline, avec un itinéraire signalé. Sur place, rien ne ressemble à un château intact : les vestiges sont dispersés dans les bois, reliés par des chemins. Les protections au titre des monuments historiques datent de 1923 pour la partie de Soulaucourt et de 2001 pour celle d'Outremécourt, et les deux communes sont propriétaires de l'ensemble.

La porte de France et la porte souterraine

Parmi les vestiges conservés figurent la porte principale, appelée porte de France, et la porte souterraine. Ces deux ouvrages font partie des vestiges mis en avant par les descriptions du site et par les visites commentées.

Les bastions Saint-Nicolas et Sainte-Barbe

Les bastions, ces avancées de maçonnerie conçues pour croiser les tirs des défenseurs, sont les pièces les plus parlantes du site. Le bastion Saint-Nicolas et le bastion Sainte-Barbe font partie des vestiges les plus cités, avec les traces des doubles enceintes. Leur tracé donne une idée de l'ampleur de la place.

La collégiale, la Grande Rue et le chemin de ronde

Il reste le chevet de l'ancienne collégiale, qui rappelle qu'une grande église se dressait dans la ville. Les descriptions du site mentionnent aussi des vestiges de la Grande Rue, du château, de la halle et du moulin, ainsi qu'un chemin de ronde. Le panorama sur la vallée est l'un des atouts du lieu.

Un site naturel autant qu'historique

Faute de reconstruction, la forêt a repris le dessus. Les ruines sont mêlées aux arbres, ce qui donne à la visite une ambiance de promenade en nature. Gardez les yeux ouverts : les vestiges sont parfois discrets, surtout hors des périodes où le feuillage est tombé.

Les visites guidées de l'association

Une association locale se consacre à la préservation des ruines et propose des visites guidées. Un guide permet de mettre des noms et des histoires sur des pans de pierre qui, seuls, restent difficiles à lire. Renseignez-vous à l'avance sur le calendrier, car il change d'une année à l'autre.

Préparer sa visite

Durée et période

Prévoyez entre une et deux heures pour une promenade simple, davantage pour tout explorer avec un guide ou prendre le temps de lire le paysage. Le printemps et l'automne sont agréables pour marcher. L'hiver, quand les arbres sont nus, les vestiges se distinguent mieux, mais le terrain peut être humide et glissant.

Équipement et précautions

Mettez de bonnes chaussures de marche : on marche sur des chemins de colline, en forêt, et le site n'est pas un monument aménagé comme un château intact. Pensez à vous protéger contre les tiques et emportez de quoi boire.

Avec des enfants

Les bastions, la porte souterraine et l'histoire d'un siège racontée simplement parlent assez facilement aux enfants à partir de l'âge de l'école primaire. Surveillez-les près des murs et des dénivelés, et privilégiez les chemins les plus faciles. Le site se prête mal aux poussettes.

Autour de la citadelle

Bourmont

Bourmont, petite cité de caractère située près de La Mothe, était elle aussi proche de la frontière entre la Lorraine et le royaume de France. Ses fonctions administratives ont été transférées plusieurs fois vers La Mothe. Au milieu du XVIIe siècle, après la destruction de la forteresse, le chapitre de La Mothe s'est installé dans la chapelle du château de Bourmont. Cette cité a son propre guide de visite sur cette page, avec son enceinte fortifiée dont il reste plusieurs tours.

Soulaucourt-sur-Mouzon

C'est le village de départ pour monter vers le site. Le site domine la vallée du Mouzon et les collines du Bassigny, que l'on découvre en chemin.

Neufchâteau

La route départementale qui dessert le site relie Neufchâteau, dans les Vosges, à Lamarche. Ce sont deux villes proches si vous souhaitez prolonger la journée.

Questions fréquentes

Que reste-t-il de la citadelle de La Mothe-en-Bassigny ?

Des vestiges de fortifications, dont la porte de France, la porte souterraine, le bastion Saint-Nicolas, le bastion Sainte-Barbe, le chevet de la collégiale et un chemin de ronde, au milieu d'une colline boisée.

Pourquoi la ville a-t-elle été détruite ?

Parce que La Mothe, forteresse lorraine proche de la frontière, était perçue comme une menace par la France et avait résisté à plusieurs sièges. Après le siège de 1644-1645, Mazarin a ordonné de raser la ville, malgré la capitulation.

Quand la citadelle a-t-elle été fondée ?

En 1258, par Thiébaut II, comte de Bar.

Combien de temps faut-il pour la visiter ?

Entre une et deux heures pour une promenade, environ deux heures pour une visite guidée, une demi-journée avec les trajets et les haltes.

Peut-on y faire une visite guidée ?

Oui, l'Association pour La Mothe organise des visites commentées. Consultez son calendrier avant de vous déplacer.

Le site est-il protégé ?

Oui, il est classé monument historique, depuis 1923 pour la partie de Soulaucourt-sur-Mouzon et 2001 pour la partie d'Outremécourt.

Est-ce adapté aux poussettes ?

Peu : ce sont des chemins de colline en forêt, plus simples à parcourir à pied, avec un bébé porté, qu'avec une poussette.

Pour séjourner dans le Bassigny et visiter ces ruines sans passer par les plateformes, retrouvez plus bas les hébergements en réservation directe.

Où dormir près de Citadelle de La Mothe-en-Bassigny

1 hébergement à moins de 25 km, en réservation directe avec le propriétaire : moins cher que sur les plateformes.

Situer Citadelle de La Mothe-en-Bassigny

Le site, et les hébergements les plus proches.

Vous louez un hébergement près de Citadelle de La Mothe-en-Bassigny ?

Rejoignez l'annuaire et apparaissez sur cette page. Abonnement fixe, zéro commission, paiement direct sur votre compte.

Créer mon compte gratuitement →