Site et monument

Bourmont

Bourmont-entre-Meuse-et-Mouzon (52150), Haute-Marne

Ancien bourg fortifié perché sur un éperon dominant la vallée de la Meuse, labellisé Petite Cité de Caractère. On y découvre l'église Notre-Dame, bâtie sur le site du château féodal, et des vues sur la vallée.

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Bourmont est un ancien bourg fortifié de Haute-Marne, posé sur un éperon rocheux qui domine la vallée de la Meuse, dans le Bassigny. Classé Petite Cité de Caractère, il fait aujourd'hui partie de la commune de Bourmont-entre-Meuse-et-Mouzon. Pour le visiter, il faut surtout monter vers l'église Notre-Dame et son belvédère, longer les vestiges de l'enceinte, regarder les façades du XVIe et du XVIIIe siècle, puis descendre flâner dans les jardins en terrasses et dans le parc creusé dans la falaise. Comptez environ deux heures pour un tour complet à pied, davantage si vous prolongez par les promenades.

Un peu d'histoire

Un bourg né autour d'un château

Bourmont est un bourg castral typique : la localité s'est développée autour d'un château, sur un site naturellement défensif. Elle apparaît dans les textes dès le XIIe siècle. Le château a aujourd'hui disparu, mais il a donné sa forme au village, serré sur la hauteur. Sur ce site existait une chapelle castrale dédiée à saint Florentin, autour de laquelle fut fondé un chapitre de chanoines en 1259 par le comte Thiébaut II.

Une ville de frontière

Le bourg occupe une position de limite entre le royaume de France et la Lorraine. Le traité de Bruges de 1301 fixe la frontière entre la Champagne et la Lorraine le long de la Meuse, ce qui fait de Bourmont une place militaire importante. Après la création du bailliage du Bassigny, au XIVe siècle, la ville en devient le chef-lieu : on y rend la justice pour de nombreuses paroisses et hameaux de la région.

Guerres, remparts et démantèlement

Durement touché par les guerres de religion, le bourg doit renforcer ses remparts au XVIe siècle. La destruction de la ville voisine de La Mothe en 1645, pendant la guerre de Trente Ans, bouleverse aussi la vie locale : le chapitre de chanoines vient alors s'installer à Bourmont. En 1671, l'enceinte est en grande partie démolie sur ordre du pouvoir royal, après la victoire sur la Lorraine. Il en reste des tours et des pans de muraille, qui bordent aujourd'hui des jardins en terrasses, des prés et des vergers.

Le siècle d'or et le rattachement à la France

Le XVIIIe siècle est l'époque la plus prospère. Bourmont est alors un bourg animé, siège du bailliage, avec deux communautés religieuses. Les ducs de Lorraine règnent encore sur la ville : elle devient française en 1766, à la mort de Stanislas, dernier duc de Lorraine. La révolution industrielle du siècle suivant la laisse en marge, ce qui explique en partie la conservation de son tissu ancien. Plus de la moitié des maisons du centre datent du XVIIIe siècle.

Une commune élargie

Le 1er juin 2016, Bourmont a fusionné avec Nijon pour former la commune de Bourmont-entre-Meuse-et-Mouzon, une commune nouvelle qui compte aujourd'hui environ sept cents habitants.

Ce que l'on voit et fait sur place

L'église Notre-Dame et son belvédère

C'est le point fort de la visite. L'église Notre-Dame, ancienne collégiale, se dresse sur le site même du château, à l'emplacement de la chapelle Saint-Florentin. L'édifice actuel date du XVIIIe siècle et est protégé au titre des monuments historiques depuis 1980. Il se reconnaît à son plan simple, avec une nef de trois travées, un chœur en demi-cercle et une crypte, et à son intérieur sobre, rythmé de pilastres et de voûtes d'ogives.

Son clocher a connu un sort particulier : un incendie en 1892 a détruit la toiture de la nef et l'ancien clocher bulbeux, et la réparation, achevée en 1894, a remplacé la flèche par une terrasse à balustrade. Devant l'église, une table d'orientation permet de repérer la vallée de la Meuse et les villages voisins. Par temps dégagé, c'est le meilleur endroit du bourg pour comprendre l'implantation de l'éperon et pour photographier le paysage.

Les remparts et les tours

L'enceinte médiévale, renforcée au XVIe siècle, a été largement démantelée en 1671, mais son tracé se lit encore dans le plan du village. Plusieurs tours subsistent, au nord-ouest et à l'est notamment, ainsi que des morceaux de muraille. La promenade permet de longer ces vestiges depuis les jardins en terrasses, sans parcours compliqué.

La Maison Renaissance, dite du Bailli

Datée des années 1560, cette vaste demeure a été bâtie par un officier de justice du bailliage de Bourmont. On l'appelle couramment la Maison du Bailli. Elle se remarque à son élévation, à ses corniches et à ses gargouilles, et rappelle le rôle judiciaire de la ville avant le siècle d'or.

L'hôtel de ville et les demeures du XVIIIe siècle

L'hôtel de ville est un ancien hôtel particulier construit vers 1730 par un chanoine. La municipalité l'a racheté en 1772 pour y installer le conseil et le tribunal du bailliage. Ses fenêtres alignées sont typiques de l'architecture lorraine. Dans les rues voisines, de nombreuses façades du XVIIIe siècle témoignent de la prospérité de l'époque.

Les couvents

Deux communautés ont marqué la ville : les Annonciades, dont le couvent est fondé en 1663, et les Trinitaires, qui ouvrent en 1707 un établissement pour instruire les jeunes de Bourmont. Il reste des traces de ces bâtiments dans le centre, comme le portail du couvent des Annonciades.

L'église Saint-Joseph

Dans la partie basse du bourg, l'église Saint-Joseph a été reconstruite au milieu du XIXe siècle, dans un style néogothique. Elle sert de paroisse aux habitants du bas de la ville.

Le Parc des Roches et la promenade du Côna

Sous la promenade du Côna, le Parc des Roches est un jardin paysager aménagé au début du XIXe siècle sur une ancienne zone de carrière et de jardins, d'après Hyacinthe Mutel. Il exploite la falaise calcaire et joue avec le goût romantique pour les fausses ruines, avec des ouvrages en pierre sèche et une végétation abondante. Il porte le label Jardin remarquable depuis 2012. La promenade du Côna, bordée de tilleuls, longe la crête et ouvre des vues sur la vallée.

Préparer sa visite

Durée et saison

Environ deux heures suffisent pour le village et les deux jardins. Le printemps et l'automne offrent des lumières douces et peu de monde. L'été est agréable pour la promenade, mais le vent peut se lever sur l'éperon.

Un bourg à parcourir à pied

Le village est bâti sur une pente, avec des rues parfois raides et des escaliers. Les chaussures de marche sont conseillées, surtout pour rejoindre les jardins en terrasses. La visite avec une poussette ou un fauteuil roulant demande de choisir ses rues.

Avec des enfants

Les tours, les remparts, les gargouilles de la Maison du Bailli et les recoins du parc donnent un fil conducteur simple : chercher les vestiges de l'enceinte, repérer la terrasse du clocher, grimper jusqu'au belvédère. Le parc, avec sa falaise et ses ouvrages de pierre, se prête bien à une sortie en famille.

Compléter par une balade

Le village se trouve sur le tracé d'un itinéraire à vélo qui suit la vallée de la Meuse, et plusieurs promenades à pied partent du centre. Prévoyez de quoi vous ravitailler : un bourg de cette taille offre moins de services qu'une ville.

Autour de Bourmont

La Mothe-en-Bassigny

À proximité, l'ancienne cité fortifiée de La Mothe-en-Bassigny a été rasée en 1645 et n'est plus aujourd'hui qu'une colline boisée avec des vestiges, qui dominent la vallée du Mouzon. Elle a son propre guide sur DirectHote.

La vallée de la Meuse

Au pied de l'éperon, la Meuse coule dans une vallée verte et boisée, que l'on découvre depuis le belvédère de l'église, puis en descendant vers les rives.

Le Bassigny

Le Bassigny est la région dont Bourmont était autrefois le chef-lieu judiciaire. C'est un pays de collines, de forêts et de petits villages, qui convient à ceux qui cherchent des paysages calmes.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour visiter Bourmont ?

Environ deux heures pour le village et les jardins, une demi-journée si vous ajoutez les promenades dans la vallée.

Que voir en priorité à Bourmont ?

L'église Notre-Dame et son belvédère, les vestiges des remparts, la Maison du Bailli, l'hôtel de ville et le Parc des Roches.

Pourquoi Bourmont est-il perché sur une colline ?

Le site est un éperon rocheux naturellement défendable. Un château y a été bâti, autour duquel le bourg s'est développé. La ville se trouvait en outre sur une frontière entre la France et la Lorraine.

Qu'est-il arrivé au château de Bourmont ?

Il a disparu. L'église Notre-Dame a été bâtie à l'emplacement de la chapelle du château, et les remparts ont été démantelés en 1671.

Que signifie Petite Cité de Caractère ?

C'est un label qui distingue des petites communes dotées d'un patrimoine bâti riche et cohérent. Bourmont y répond par son centre ancien et ses vestiges d'enceinte.

Quand Bourmont est-il devenu français ?

En 1766, à la mort de Stanislas, dernier duc de Lorraine.

Peut-on visiter avec de jeunes enfants ?

Oui, le parcours est court. Les pentes et les escaliers sont à prévoir pour les poussettes.

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