Sur le terrain, l'écart est frappant : certaines conciergeries affichent une société enregistrée depuis dix ans, un mandat de gestion écrit et des dizaines de biens en portefeuille ; d'autres se résument à une page Facebook et un numéro de téléphone. Les deux peuvent être parfaitement légales. La différence ne tient pas toujours au sérieux perçu, elle tient d'abord au droit.

Ce qui sépare vraiment le professionnel de l'amateur : la carte G

La loi Hoguet du 2 janvier 1970 impose une carte professionnelle de gestion immobilière, la carte G, à toute personne qui encaisse des loyers pour le compte d'un propriétaire. Concrètement, elle est obligatoire si la conciergerie :

  • perçoit les revenus de location et vous les reverse ensuite,
  • signe des contrats de location en votre nom,
  • détient un mandat de gestion sur votre bien.

Elle n'est en revanche pas nécessaire si la conciergerie facture uniquement ses propres prestations (ménage, accueil, gestion opérationnelle) et que l'argent de la location passe directement de la plateforme à vous, sans jamais transiter par son compte.

C'est cette ligne, plus que l'ancienneté ou le nombre de biens gérés, qui sépare une structure en règle d'une activité qui prend un vrai risque : exercer sans la carte G quand elle est due expose à six mois d'emprisonnement et 7 500 € d'amende par infraction constatée (article 14 de la loi Hoguet).

Les points à vérifier avant de signer

Quelques vérifications suffisent, et aucune ne demande d'expertise particulière :

  • Son existence légale. Un numéro SIRET se vérifie gratuitement sur l'API Recherche d'Entreprises (recherche-entreprises.api.gouv.fr) ou sur Pappers/societe.com : date de création, statut actif ou fermé, dirigeant.
  • Sa carte G, si elle encaisse pour vous. Le fichier national des cartes professionnelles est consultable sur cci.fr, par nom, SIREN ou numéro de carte.
  • Un vrai portefeuille. Une page « nos biens » ou « nos logements » avec des annonces réelles en dit plus qu'une promesse commerciale.
  • Un mandat écrit. Même pour une simple prestation de services, un document qui précise ce qui est fait, pour quel prix, et qui gère quoi.

Pourquoi l'écart est si grand, et ce n'est pas forcément un problème

La location courte durée compte aujourd'hui environ 5 000 conciergeries spécialisées en France, un marché en croissance de 7,5 à 15 % par an. Beaucoup de ces structures restent volontairement petites : un indépendant qui gère dix biens sur sa commune, en micro-entreprise, sans jamais toucher à l'argent de la location, est en parfaite conformité. Le problème n'est pas la taille, c'est l'écart entre ce qu'une conciergerie fait réellement et ce qu'elle devrait avoir pour le faire.

Un signe de plus à chercher : la réservation directe

Une conciergerie qui propose déjà la réservation directe, sans commission, en plus d'Airbnb ou de Booking, a généralement structuré sa relation avec les propriétaires : c'est un service de plus, qui suppose d'avoir déjà réfléchi à la transparence sur les revenus. Les conciergeries du Programme Ambassadeurs DirectHote en sont un exemple : chacune a créé un compte, ajouté ses biens, et peut être retrouvée publiquement.

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