Site et monument

Château de Saint-Sauveur-le-Vicomte

Saint-Sauveur-le-Vicomte (50390), Manche

Ruines d'une grande forteresse médiévale dominant la vallée de la Douve, avec donjon carré, tour des prisons et logis de la porte. Le site a abrité un musée consacré à l'écrivain Barbey d'Aurevilly.

En savoir plus sur Wikipédia ↗

Le château de Saint-Sauveur-le-Vicomte est un ensemble de ruines médiévales qui domine la vallée de la Douve, dans le Cotentin, au cœur du département de la Manche. Classé monument historique depuis 1840, il aligne un donjon carré, une enceinte flanquée de tours et un logis d'entrée, et il a longtemps servi de forteresse pendant la guerre de Cent Ans. Pour une visite complète, prévoyez d'y ajouter la ville, qui a vu naître l'écrivain Jules Barbey d'Aurevilly et qui abrite son musée, ainsi que l'abbaye voisine. Comptez une demi-journée pour tout voir sans courir, une journée si vous poussez jusqu'aux bourgs alentour.

Un peu d'histoire

Des vicomtes aux Harcourt

À l'origine se trouve un château de terre et de bois élevé par la famille de Néel, qui tenait la vicomté de Saint-Sauveur au XIe siècle. Cette même famille est à l'origine de l'abbaye bénédictine fondée dans la seconde moitié du siècle. La seigneurie passe ensuite aux Taisson, puis à la famille d'Harcourt. Les sources divergent sur les dates exactes de ces transmissions, c'est pourquoi on retiendra surtout l'enchaînement des grandes familles plutôt qu'un calendrier précis.

Godefroy d'Harcourt et la guerre de Cent Ans

Au début de la guerre de Cent Ans, Godefroy d'Harcourt, seigneur de Saint-Sauveur, prend le parti des Anglais. À sa mort, au milieu du XIVe siècle, la baronnie revient au roi d'Angleterre Édouard III. Celui-ci en confie la gestion à John Chandos, l'un de ses meilleurs capitaines, qui reçoit le titre de vicomte de Saint-Sauveur. Chandos et Godefroy d'Harcourt sont associés aux importants travaux de renforcement du XIVe siècle : les courtines, les châtelets et les tours sont remaniés, et le donjon est en partie reconstruit.

Un siège d'artillerie, puis le retour des Anglais

Le château est repris par les troupes du roi de France après un siège qui compte parmi les premiers sièges d'artillerie de l'histoire militaire française. La garnison anglaise capitule contre une lourde rançon. Les sources donnent soit 1374, soit 1375 : on retiendra le milieu des années 1370. Les Anglais reviennent plus tard dans la place, qu'ils tiennent jusqu'au milieu du XVe siècle, avant son retour définitif à la couronne de France vers 1450.

Hôpital, prison, bombardements

Après le Moyen Âge, le château perd son rôle militaire. Au XVIIe siècle, des bâtiments servent d'hôpital, puis la forteresse est utilisée comme prison au XVIIIe siècle. Au XXe siècle, un premier musée consacré à Barbey d'Aurevilly y est installé en 1925. Les bombardements de 1944 l'endommagent, et le musée est reconstitué dans une autre partie du château en 1956. Aujourd'hui, le site est en ruine, avec des campagnes de restauration en cours ou récentes sur plusieurs parties, dont la tour des prisons.

Ce que l'on voit au château

L'enceinte et la haute-cour

Le château se compose d'une haute-cour entourée de courtines et de tours, et d'une basse-cour dont une partie a disparu. La position est stratégique : le promontoire domine la vallée de la Douve, ce qui explique le choix du site pour une forteresse. En marchant sur le pourtour, on mesure l'épaisseur des murs et l'étendue de l'ensemble, souvent présenté comme le plus vaste château médiéval du Cotentin par les sources locales.

Le donjon carré

Le donjon carré est l'élément le plus identifiable. Son origine remonte au XIIe siècle, avec des contreforts plats. Il a été en grande partie repris au XIVe siècle, époque où il est coiffé de mâchicoulis et de créneaux. Au XVIe siècle, une petite maison a été construite sur sa plate-forme supérieure. Lors de visites guidées proposées par le Pays d'art et d'histoire, il arrive que l'on accède à ses étages.

La tour des prisons

La tour des prisons doit son nom à son usage carcéral. Ses murs conservent des graffitis laissés par des prisonniers. Elle a fait l'objet de travaux de restauration, présentés comme une étape préalable à la création d'un centre d'interprétation du patrimoine.

Le logis Robessart et la porte d'entrée

Un pavillon d'entrée, nommé logis Robessart d'après un capitaine du XVe siècle, relie la basse-cour à la haute-cour. Il garde la mémoire de la période anglaise, quand la place était confiée à des chevaliers venus d'outre-Manche. Là encore, certaines visites guidées en ouvrent l'intérieur.

Les autres tours

La tour dite de la Batterie, ou Vieux Donjon, remonte au début du XIIIe siècle. D'autres tours, comme la tour Houlande ou la tour des Cigognes, datent de l'occupation anglaise. Leur identification exacte reste parfois discutée par les spécialistes : regardez-les surtout comme des éléments d'un ensemble défensif cohérent.

Barbey d'Aurevilly et Saint-Sauveur

Un écrivain né ici

Jules Barbey d'Aurevilly naît à Saint-Sauveur-le-Vicomte en 1808 et meurt à Paris en 1889. Romancier, nouvelliste et critique, il est surnommé le connétable des lettres. On lui doit notamment Une vieille maîtresse, L'Ensorcelée, Le Chevalier des Touches, Un prêtre marié et le recueil Les Diaboliques. Il a aussi écrit un essai sur le dandysme, Du dandysme et de George Brummell, publié en 1845. Son attachement à la Normandie du Cotentin se retrouve dans plusieurs de ses récits.

Le musée dans la maison familiale

La commune a acquis la maison de la famille Barbey et y a ouvert un musée en 1989. Il porte l'appellation Musée de France et le label Maisons des Illustres. Ses collections occupent l'étage, tandis que la bibliothèque municipale se trouve au rez-de-chaussée. C'est l'étape naturelle pour qui vient à Saint-Sauveur à cause de l'écrivain. Les cendres de l'auteur ont été transférées en 1926 au cimetière des Frères, près de la ville.

L'abbaye et la ville

L'abbaye Sainte-Marie-Madeleine-Postel

L'abbaye bénédictine, fondée par Néel au XIe siècle avec des moines venus de Jumièges, a été vendue comme bien national pendant la Révolution. En 1832, Marie-Madeleine Postel, née à Barfleur en 1756 et morte à Saint-Sauveur en 1846, rachète les lieux pour y établir la maison mère de sa congrégation. Elle fait reconstruire l'église, consacrée après sa mort. En juin 1944, l'abbaye est bombardée et incendiée, puis restaurée. L'abbatiale conserve une nef d'origine romane, un chœur de style gothique flamboyant et des vitraux modernes. Une petite maison, la Gloriette, garde des souvenirs de la fondatrice.

Une ville reconstruite

En juin 1944, lors de la coupure du Cotentin, la ville est en grande partie détruite. La reconstruction a duré une vingtaine d'années. Le centre que l'on parcourt aujourd'hui est donc plutôt de l'après-guerre, ce qui contraste avec les pierres médiévales du château. Saint-Sauveur-le-Vicomte fait partie du Pays d'art et d'histoire du Clos du Cotentin, qui propose des visites et animations selon les saisons.

La Douve et ses marais

La Douve, longue de près de quatre-vingts kilomètres, traverse la commune, et le paysage de prairies humides qui l'accompagne se perçoit depuis les abords du château. C'est un cadre agréable pour une promenade courte avant ou après la visite.

Préparer sa visite

Durée à prévoir

Environ une heure à une heure et demie pour le château, une heure pour le musée Barbey d'Aurevilly, une petite heure pour l'abbaye et le centre. Une demi-journée suffit pour l'essentiel.

Saison

Le printemps et l'automne offrent une lumière douce sur les pierres et moins de monde. L'été est plus animé, mais les journées longues permettent de tout enchaîner. Le vent et la pluie sont fréquents dans le Cotentin : prévoyez un vêtement coupe-vent.

Avec des enfants

Les ruines, les tours et les graffitis de prisonniers parlent aux enfants. La découverte des remparts peut se transformer en jeu d'observation : repérer les contreforts du donjon, les mâchicoulis, les créneaux. Certaines parties sont irrégulières, avec escaliers et dénivelés : surveillez les plus petits et choisissez des chaussures stables.

Se renseigner avant de venir

Les accès, les parties visitables et les visites guidées changent selon les périodes et les chantiers. Informez-vous auprès de l'office de tourisme du Cotentin ou du Pays d'art et d'histoire avant de partir.

Autour de Saint-Sauveur-le-Vicomte

Bricquebec

À une douzaine de kilomètres environ, Bricquebec possède elle aussi un château médiéval et une abbaye. Les trois anciens cantons de Bricquebec, Valognes et Saint-Sauveur-le-Vicomte forment le Pays d'art et d'histoire du Clos du Cotentin.

Valognes

Valognes fait également partie du Pays d'art et d'histoire. C'est la commune voisine la plus connue du secteur et une étape facile pour prolonger la journée.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour visiter le château de Saint-Sauveur-le-Vicomte ?

Comptez environ une heure à une heure et demie pour les ruines, et une demi-journée si vous ajoutez le musée Barbey d'Aurevilly et l'abbaye.

Qui a construit le château ?

La famille de Néel est à l'origine de la forteresse au XIe siècle. Les Harcourt, puis John Chandos pour le compte du roi d'Angleterre, l'ont considérablement renforcée au XIVe siècle.

Du Guesclin a-t-il pris le château ?

Le siège qui a rendu la place au roi de France, au milieu des années 1370, est surtout retenu pour l'usage de l'artillerie. Le nom de Du Guesclin n'est pas rattaché de façon sûre à cette reprise.

Barbey d'Aurevilly est-il né à Saint-Sauveur-le-Vicomte ?

Oui, il y est né en 1808. La ville abrite un musée à son nom, installé dans sa maison familiale.

Le château est-il en ruine ?

Oui, c'est un ensemble de ruines classées monument historique depuis 1840, avec le donjon carré, des tours et des courtines.

Peut-on visiter avec des enfants ?

Oui, le site se prête à une visite en famille, à condition de surveiller les escaliers et les parties irrégulières.

Quels sites voir à proximité ?

L'abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte, puis Bricquebec et Valognes, dans le même Pays d'art et d'histoire.

Pour séjourner à Saint-Sauveur-le-Vicomte et dans le Cotentin sans passer par les plateformes, retrouvez plus bas les hébergements en réservation directe.

Où dormir près de Château de Saint-Sauveur-le-Vicomte

1 hébergement à moins de 25 km, en réservation directe avec le propriétaire : moins cher que sur les plateformes.

Situer Château de Saint-Sauveur-le-Vicomte

Le site, et les hébergements les plus proches.

Vous louez un hébergement près de Château de Saint-Sauveur-le-Vicomte ?

Rejoignez l'annuaire et apparaissez sur cette page. Abonnement fixe, zéro commission, paiement direct sur votre compte.

Créer mon compte gratuitement →