Location saisonnière : ce que vous devez déclarer en 2026
Taxe de séjour, déclaration en mairie, numéro d'enregistrement, plafond de revenus… Les obligations légales des loueurs en courte durée ont évolué. Faites le point avant de vous retrouver en infraction.
La loi Le Meur du 19 novembre 2024 a changé les règles des meublés de tourisme : déclaration étendue à tous les meublés, plafond de nuits que les communes peuvent abaisser, fiscalité moins favorable. Voici ce qui s'applique en 2026 pour louer en toute légalité.
1. Déclarer son logement
Depuis le 20 mai 2026, toute personne qui loue un meublé de tourisme, résidence principale comprise, doit le déclarer au préalable et obtenir un numéro de déclaration. La loi prévoit que cette déclaration se fasse sur un téléservice national, dont l'ouverture est annoncée pour le quatrième trimestre 2026.
D'ici là, ce sont les règles de votre commune qui s'appliquent : déclaration en mairie avec le formulaire Cerfa 14004, et numéro d'enregistrement de 13 caractères là où la commune l'a mis en place. La démarche est gratuite. Une chambre d'hôtes suit une autre procédure : une déclaration en mairie, sans numéro.
Les amendes ont été relevées : jusqu'à 10 000 € sans déclaration, et jusqu'à 20 000 € pour une fausse déclaration ou un faux numéro.
Une résidence principale ne peut pas être louée plus de 120 jours par an, et la commune peut abaisser ce plafond jusqu'à 90 jours : Paris l'a fait depuis le 1er janvier 2025. Au-delà, l'amende peut atteindre 15 000 €. Les plateformes doivent publier votre numéro dans chaque annonce, et cesser de proposer une résidence principale louée plus de 120 jours par leur intermédiaire. Pour une résidence secondaire, certaines villes exigent en plus une autorisation de changement d'usage : renseignez-vous en mairie avant de publier.
2. Collecter et reverser la taxe de séjour
La taxe de séjour est payée par vos voyageurs, pas par vous, mais c'est à vous de la collecter et de la reverser à la commune ou à l'intercommunalité. Son montant est voté localement, dans un cadre fixé par la loi :
- Hébergement classé ou chambre d'hôtes : un montant fixe par personne et par nuit, qui dépend de la catégorie
- Meublé de tourisme non classé : un pourcentage du prix de la nuit par personne, entre 1 et 5 %, dans la limite d'un plafond
- Voyageurs mineurs : exonérés partout
Sur les réservations payées sur Airbnb, la plateforme collecte et reverse la taxe à votre place. Sur Booking, ce n'est pas systématique : vérifiez dans votre extranet. Pour vos réservations en direct, vous la collectez vous-même et la reversez selon le calendrier fixé par votre commune.
3. Déclarer vos revenus locatifs
Les revenus de la location saisonnière sont imposables, au régime micro-BIC ou au régime réel. Depuis les revenus 2025, la loi Le Meur a réduit l'avantage du micro-BIC : l'abattement forfaitaire est de 30 % pour un meublé de tourisme non classé, et de 50 % pour un meublé classé ou une chambre d'hôtes.
Le micro-BIC n'est ouvert que jusqu'à 15 000 € de recettes annuelles pour un meublé non classé, et 77 700 € pour un meublé classé ou une chambre d'hôtes. Au-delà, vous passez au régime réel.
Au régime réel, vous déduisez vos charges et amortissez le bien, ce qui peut effacer l'impôt pendant des années. Mais depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits sont réintégrés dans le calcul de la plus-value quand vous revendez. Faites le calcul avec un comptable avant de choisir.
4. Le numéro SIRET et le statut LMNP
Si vous louez en tant que Loueur Meublé Non Professionnel (LMNP), vous devez obtenir un numéro SIRET en déclarant votre activité auprès du Guichet unique des formalités d'entreprises (formalites.entreprises.gouv.fr), dans les 15 jours qui suivent le début de la location. C'est gratuit et obligatoire.
Au régime réel, le statut LMNP permet d'amortir le bien et le mobilier, et de reporter un déficit sur vos revenus de location meublée des années suivantes. Il est compatible avec une activité salariée.
5. Assurance et responsabilité
Votre contrat d'assurance habitation classique ne couvre généralement pas la location saisonnière. Vérifiez avec votre assureur ou souscrivez une extension location meublée ou une assurance dédiée aux propriétaires bailleurs. Certaines plateformes comme Airbnb offrent une protection hôte, mais elle reste partielle.
6. La performance énergétique, à anticiper
À partir du 1er janvier 2034, un meublé de tourisme qui n'est pas la résidence principale du loueur devra atteindre la performance énergétique d'un logement décent, soit une classe D au minimum (article L324-2-2 du Code du tourisme). Le maire pourra alors vous demander votre DPE à tout moment.
Dois-je afficher le numéro d'enregistrement sur mon site personnel ?
La loi oblige les plateformes et les intermédiaires à publier votre numéro de déclaration dans chaque annonce. Sur votre propre site, affichez-le aussi : c'est la preuve, pour le voyageur, que votre hébergement est déclaré.
Que risque-t-on en cas de non-déclaration ?
Depuis la loi Le Meur : jusqu'à 10 000 € d'amende sans déclaration, 20 000 € pour une fausse déclaration ou un faux numéro, et 15 000 € si une résidence principale dépasse le plafond de jours. Louer une résidence secondaire sans l'autorisation de changement d'usage qu'exige votre ville expose à des sanctions plus lourdes encore.
La taxe de séjour est-elle obligatoire pour une chambre d'hôtes ?
Oui, dès lors que votre commune a instauré une taxe de séjour (ce qui est le cas de la quasi-totalité des communes touristiques). Vérifiez sur le site de votre commune ou sur taxesejour.impots.gouv.fr.
Gérez votre location en toute sérénité
DirectHote vous aide à collecter les informations réglementaires, afficher vos mentions légales et gérer votre comptabilité de réservations.
Créer mon compte gratuitement